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Dossier Ménopause : insomnie, douleurs articulaires…

Insomnie, douleurs articulaires et musculaires, sécheresse vaginale… Dr David Elia vous dit tout.

L’insomnie : Les faits

Vous êtes nombreuses à vous plaindre dans ce moment de votre vie de perte du sommeil. »Moi qui dormais comme un bébé!… »

Ce sont des difficultés d’endormissement, mais aussi des réveils nombreux en pleine nuit ou au petit matin. Cette diminution importante de la qualité de votre sommeil vous désole en même temps qu’elle vous épuise. Pendant ces insomnies, vous ruminez toutes sortes d’idées négatives. Vous êtes 63% à souffrir d’insomnie en période de ménopause.

Les causes

Bouffées de chaleur et transpirations réveillent nombre d’entre vous. Des salves d’extrasystole (palpitations cardiaques accompagnant ou non les bouffées de chaleur) peuvent ajouter encore à l’angoisse de ces réveils insolites. Le fait de se réveiller « trempée » vous oblige à vous lever, à vous changer, voire à rechercher un peu de fraîcheur, tous éléments qui vous éloignent un peu plus du ré- endormissement.

Nous pensons que la qualité du sommeil peut être directement influencée par la quantité d’estrogènes présente dans votre sang. La ménopause est parfois aussi le moment d’une crise existentielle où s’entremêlent tracas divers, préoccupations de tous ordres, inquiétudes pour l’avenir, interrogations conjugales… que l’on ressasse à l’infini pendant ces moments volés à la nuit.

Les traitements

La plupart des causes de cette dégradation du sommeil sont soulagées par l’administration d’hormones estrogènes sous quelque forme que ce soit (comprimés, gel ou timbre). En une semaine – si la posologie d’estrogènes est suffisante – la qualité du sommeil redevient ce qu’elle était avant la ménopause. C’est le traitement de choix, celui qu’il faut savoir utiliser avant les autres moyens à votre disposition.

Les médicaments anxiolytiques, les somnifères, peuvent bien évidemment être utilisés. II s’agit là, pour les femmes dont le sommeil a toujours été excellent jusqu’à la ménopause, de moyens d’attente éventuellement mis en route en attendant le THS (traitement hormonal substitutif de la ménopause).

La relaxation, le sport, le yoga, voire l’homéopathie, l’acupuncture… peuvent rendre aussi de bons services dans ce domaine.

Ne vous laissez pas piéger par la fatigue engendrée par l’insomnie. Sachez qu’un traitement ostrogénique peut vous redonner votre sommeil d’antan en l’espace de quelques jours.

Mais attention ! Vous ne devez rien attendre du THS si vous êtes insomniaque depuis de très longues années en dehors de tout contexte de désordre hormonal.

Les douleurs articulaires et musculaires

Les faits

Ce sont des douleurs « voyageuses », qui peuvent atteindre selon les jours, voire les heures de la journée, les différentes articulations : les épaules, les doigts, les coudes, les genoux, le dos, etc. Ces douleurs peuvent aussi être musculaires : les trapèzes, les dorsaux… Ce qui vous frappe, c’est qu’elles débutent à la ménopause et qu’elles semblent aller de pair avec les bouffées de chaleur, les suées et les éventuels autres symptômes de la ménopause. Vous vous sentez « toute rouillée », vous « craquez de partout », tout cela est un peu déprimant dans la mesure où ces symptômes sont le plus souvent synonymes de « vieillesse ».

Ces symptômes sont fréquents : vous êtes 1 femme sur 3 à vous en plaindre au moment de la ménopause, et ce pendant de longues années au cours desquelles les signes vont aller en empirant si le THS n’a pas été instauré.

Les causes

Elles restent mystérieuses et l’on évoque des récepteurs à hormones estrogènes situés sur les ligaments des articulations, voire même sur leur cartilage. Il n’est pas exclu qu’existent aussi des récepteurs ostrogéniques au niveau des tendons musculaires s’insérant sur le squelette, récepteurs qui viendraient à exprimer une douleur en l’absence d’estrogènes. D’une façon générale, c’est la carence en hormones estrogènes qui provoque ces symptômes.

Les traitements

C’est le THS qui, en l’espace de quelques semaines, vous soulagera de ces désagréments. Le traitement hormonal est bien plus adapté dans cette situation que la prescription d’anti-inflammatoires ou de médicaments corticoïdes. Bien sûr, ceux-ci auront un effet mais il sera éphémère et, surtout, ne s’opposera pas à la cause réelle de ces symptômes. La kinésithérapie, les cures thermales, la thalassothérapie peuvent compléter utilement l’administration d’hormones estrogènes.

Ce qu’il faut retenir : Ces douleurs n’ont strictement aucun rapport avec les manifestations d’une éventuelle ostéoporose.

L’ostéoporose (la décalcification du squelette) est un phénomène silencieux. Vous ne ressentirez ni douleur ni symptôme particulier de cette fuite progressive de votre capital osseux. Les douleurs ne surviendront, éventuellement, qu’au moment des fractures (tassement vertébral par exemple). Le traitement hormonal substitutif de la ménopause, s’il est prescrit à bonne dose estrogénique, doit vous libérer rapidement, dans l’espace d’un mois, de ces « douleurs de vieux ». Les médecins rhumatologues consultés pour ces douleurs subitement survenues avec la péri ménopause ou la ménopause sont, en général, encore peu informés de la responsabilité possible des hormones. Le THS n’a aucune efficacité si les douleurs préexistaient depuis de longues années avant la ménopause.

La sécheresse vaginale

Les faits

Le vagin et ses parois ne sont plus capables de produire de lubrification suffisante pour permettre un rapport sexuel harmonieux.

Ce symptôme est souvent tardif et survient habituellement (lorsqu’il existe) dans les mois qui suivent l’installation définitive de la ménopause.

Vous êtes 1 femme sur 4 à vous en plaindre (parmi celles ayant encore une activité sexuelle). Cette absence de lubrification provoque une gêne plus ou moins importante lors des rapports sexuels dont la qualité se détériore, au point que certaines d’entre vous vivent « un véritable calvaire » lors de ces rapports.

Certaines d’entre vous décident d’ailleurs, dans ce moment, de refuser tout rapprochement amoureux.

Celles qui persistent vivent souvent douleurs, inconfort, brûlures, coupures superficielles de la peau de la vulve, petits saignements…

L’accès au plaisir sexuel est en général compromis (mais pas toujours).

Les causes

La lubrification vaginale est assurée par une sorte de « transpiration » réflexe des parois du vagin lors du désir sexuel. Le col de l’utérus participe, lui aussi, de cette « mouillure » grâce â la sécrétion de ce que l’on appelle la « glaire cervicale ».

Il existe aussi des glandes lubrificatrices, les glandes de Bartholin, et celles de Skene : leur implication dans la responsabilité de la lubrification vaginale est bien moindre que celle assurée par les parois du vagin. Parois vaginales, glaire cervicale, glandes lubrificatrices sont sous l’influence directe des hormones estrogènes : en leur absence, le col devient « sec », les parois vaginales s’atrophient et deviennent incapables de fabriquer de la lubrification, les glandes de Bartholin et de Skene s’assèchent.

Sans estrogènes, la vulve elle-même (grandes et petites lèvres) peut commencer de s’atrophier.

La sécheresse vaginale, lorsqu’elle n’est pas résolue par un traitement efficace, est de nature à interdire toute idée de désir ou de plaisir.

Les traitements

C’est le THS à bonne dose estrogénique qui redonne vie et souplesse aux muqueuses vaginales.

Cet effet est rapide : quelques semaines suffisent en général dès lors que la quantité d’estrogènes prescrite est à bon niveau. La restitution est alors à l’identique de ce qui préexistait avant la ménopause.

En l’absence de traitement hormonal – ou même l’accompagnant s’il s’avère insuffisant – on peut utiliser des moyens locaux qui consistent à administrer des estrogènes au contact des parois vaginales .Ces médicaments sont prescrits à raison de deux ou trois fois par semaine à placer au fond du vagin, le soir au coucher.

Il existe un produit « hydratant », non hormonal, qui peut vous rendre de bons services : le Replens®, à placer trois fois par semaine au fond du vagin le matin.

L’utilisation de lubrifiants vaginaux à mettre en place avant le rapport sexuel est efficace même si, à lui tout seul, il ne peut représenter une solution idéale.

Ce qu’il faut retenir

Il s’agit d’un symptôme très gênant dont l’impact négatif sur la vie conjugale est évident. Il vous interdit désormais l’accès au plaisir, et suscite aussi chez le conjoint des incompréhensions, dans la mesure où il interprète votre changement d’attitude comme de la frigidité, un manque d’affection ou le « début de la vieillesse ».

Il convient de ne pas confondre la sécheresse vaginale avec le rétrécissement vaginal, phénomène qui intervient lorsqu’une femme, quel que soit son âge, n’a pas eu de rapports sexuels pendant longtemps. Il ne s’agit pas là d’atrophie, mais d’un changement des dimensions du vagin parfaitement réversible lors de la reprise des rapports sexuels. Les femmes souffrant de sécheresse vaginale qui commencent un traitement hormonal efficace doivent connaître la possibilité de ce rétrécissement vaginal dans la mesure où elles s’étaient parfois détournées depuis longtemps de toute activité sexuelle. Le vagin reprend ses dimensions normales dès lors qu’un certain nombre de rapports sexuels a eu lieu.

Mais lubrification vaginale retrouvée ne signifie pas forcément plaisir et désir retrouvés : il faut compter aussi sur les éventuels conflits conjugaux, les difficultés de

la vie, les préoccupations qui, pendant la ménopause, assaillent nombre d’entre vous.

Dans le même ordre d’idées, celles qui connaissaient une sexualité de piètre qualité avant toute détérioration hormonale ne trouveront aucune amélioration à l’adoption d’un THS.

Enfin, certaines femmes, malgré une lubrification vaginale retrouvée, se plaignent d’une disparition totale de leur libido. Si cette disparition coïncide avec la ménopause (et ne lui préexistait pas depuis longtemps, voire depuis toujours) on évoque ici un éventuel besoin d’hormones mâles dont la prescription est délicate

www.docteurdavidelia.com

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