Commentaire et histoire rapportés par le Rav Eliaou Hassan dans son excellent livre : La Paracha.

« Reprends ton prochain ».

Que signifie cette injonction qui fait de nous des « redresseurs de tort » ?

Que signifie cette Mitsva qui fait de chacun d’entre nous le « Juge » de son voisin, de son ami, de ses proches ?
La première condition enseignée par nos Sages qui autorise un individu à reprendre, ou réprimander son prochain est la suivante : « Vérifie-toi avant de vérifier les autres ! Commence par réfléchir sur tes fautes, tu fais peut-être la même chose que celui à qui tu t’apprêtes à t’adresser. » Je n’ai donc le droit de reprendre les autres que si je me reprends moi-même sans concession ni mauvaise foi.

En quelles occasions doit-on reprendre son prochain ?

Lorsqu’on le voit fauter selon les lois de la Torah, il convient de lui expliquer qu’il faute et que la Torah lui demande de se conduire différemment. S’agit-il de lui adresser des reproches ou de lui prouver (même par allusion) qu’il se trompe ?

Rabbi Eliahou Lopian (Directeur spirituel de la Yéchiva de Kfar ‘Hassidim, décédé en 1973) se rendait à la synagogue pendant Chabbat. C’était à Jérusalem et il était accompagné d’un élève. Alors qu’ils échangeaient tous deux des paroles de Torah, Rav Eliaou Lopian ne cessait de se désoler :

« - Regarde toutes ces voitures qui circulent durant le Chabbat. Ces bons juifs ne connaissent certainement pas la gravité de l’interdit…Retournons à la maison, je ne peux pas le supporter plus longtemps.

- Rav, lui rétorqua son élève, nous avons déjà parcouru plus de la moitié du chemin. Dépêchons-nous et nous éviterons ainsi de subir ce « triste spectacle ».

Tandis qu’ils hésitaient, un taxi s’arrêta près d’eux pour demander son chemin. En entendant la question, Rav Eliaou se mit à pleurer :

« - Comment puis-je t’indiquer ton chemin et t’aider à transgresser le Chabbat ? Mais d’un autre côté, comment pourrais-je ne pas aider un juif ? Il se remit à pleurer… »

Le chauffeur de taxi n’en croyait pas ses yeux, et une grande culpabilité l’envahit :  » Comment ai-je pu faire pleurer ce Vieux Rav qui ressemble à un ange ?  » Il était consterné et voulut à tout prix rattraper sa terrible bourde, il ouvrit alors sa portière, descendit de sa voiture, oubliant complètement les clients qui l’attendaient, et se présenta face au Rav :

« Mille excuses Rav ! Pardon ! Pardon ! Je ne savais pas que c’était aussi important ! Ma mère respecte Chabbat et elle me reproche toujours de prendre ma voiture en ce saint jour, mais je n’ai jamais ressenti que c’était si important ! Je ne l’ai jamais vu pleurer !

A partir d’aujourd’hui, je ne conduirai plus Chabbat. Prenez les clés de la voiture et je viendrai les reprendre après Chabbat. Mais Rabbi, je vous en prie, ne pleurez-plus et surtout pardonnez-moi ! »

Rabbi Eliaou Lopian refusa bien entendu de prendre les clés – Mouktsé – (objets don le déplacement est interdit pendant Chabbat), et le chauffeur lui proposa de les jeter sous la voiture…

Rav Eliaou Lopian continua à discuter avec lui pendant une heure puis il reprit el chemin de la synagogue. Lorsqu’il y pénétra, il déclara à ses élèves : « Ce n’est pas par la violence que l’on peut persuader un juif de faire Chabbat ! Ce n’est qu’avec beaucoup d’amour que nous y parviendrons.

Il faut donc veiller à ne pas faire honte à qui que ce soit en privé comme en public

Commentaire et histoire rapportés par le Rav Eliaou Hassan dans son excellent livre : La Paracha.

Livre que vous pouvez commander à l’adresse suivante : laparacha@leava.fr


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