Rav Eliahou Boubli : À la recherche de la véritable Téchouva

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Pour ce cours, précédent Rosh Hashanah, je voudrais parler des Baalé Téchouva, ces personnes qui essaient de faire un pas dans la Torah mais qui se sentent de plus en plus perdues

Les personnes qui s’engagent dans la Torah craignent d’avoir à changer de vie totalement.

Le Baal Téchouva d’aujourd’hui s’inquiète de savoir ce qui pourrait lui arriver s’il renonçait à son mode de vie actuel. Pour lui, la Torah est plus un joug que… Haïm, la Vie, le Bien-être. Il se trompe, la Torah est un principe de base de vie par rapport à l’être humain dans son environnement.

Le Rav Eliahou Dessler nous dit : «Comment est-il possible que D… ne nous ait donné que des épreuves?»

Si c’était vrai, cela voudrait dire que le monde en lui-même n’est pas fait pour la Torah, or c’est tout le contraire.

Tout ce qui existe dans le monde, si nous savons l’utiliser à bon escient, peut être extraordinaire. Seulement, nous n’avons pas en mains les données pour en profiter et nous ne faisons pas la démarche pour savoir, pour connaître ce que Hachem nous a donné.

Je pense qu’il est aujourd’hui plus qu’important de b-H remédier et non pas venir dénigrer, rappeler à chacun de nous  «ce peuple de Cohanim » celui qui doit venir et dévoiler la magnificence du Divin, éclairer le monde par cette lumière magnifique et indéterminable qu’est la Torah, et surtout celui à qui l’on a donner ce mérite de pouvoir le promulguer.

Quelle était la grandeur d’un ben Israël sans aucune différence d’individus, d’où qu’il vienne et ce pourquoi il a été choisi.

Et pour terminer enfin ce qui est le plus dur à mes yeux, comment faire passer ce message «quel est réellement notre rôle dans cette magnifique création ».

Faire admettre après autant de temps passer dans cet exil le rôle des Yévanimes( Grecs) qui ont influencé énormément le monde par  l’esprit de la sculpture du corps et du spirituel.

Dans «Savoir les chemins de D… dans ce monde-là»  Rav Yéouda Grinold nous dit : «Au juste que voulons nous? Nous avons fait Téchouva mais qu’attendons nous?»

Les personnes sont sincères dans leur volonté de faire Téchouva mais sans aller trop loin. Elles ont des «mauvaises» références, car elles regardent les habitants des quartiers ultra-religieux et se disent : c’est ça la Torah. Elles pensent que pour suivre les préceptes de la Torah, il faut porter un habit spécial.

Mais elles se trompent. On peut être un Juif de Torah sans streimel ou sartouk. Une preuve : La Michna Kéhati été écrit par un directeur d’une banque, Pinhas Kéhati.

Le Rav continue et dit : «Celui qui veut faire Téchouva n’a un but : faire la volonté du Divin et annuler la sienne.»

La personne, qui n’a pas annulé sa volonté devant celle du Divin, sera en permanence en lutte avec elle-même et ne pourra pas accomplir l’Avodat Hachem (le service divin). Alors, le Baal Téchouva doute et tâtonne, il va dans toutes les directions, alors qu’il faudrait avoir un maître pour l’aider à comprendre l’Avodat Hachem.

Hafez Haïm dit que notre génération a soif de connaissances, le temps de la délivrance est imminent, et chacun veut être autodidacte.

Cependant, il faut à tout prix être guidé par un maître.

Le Hafez Haïm rapporte une parabole : «Imaginons, dit-il, que le feu est en train de dévaster une petite ville et que les bons citoyens ont décidé de filtrer l’eau afin d’éteindre ce feu».

C’est une grande erreur.

Pour faire Téchouva, il faut, certes, faire une recherche mais il faut aussi s’appuyer sur un maître.

Comme il est écrit dans Pirké Avot chapitre 1 Michna 6 Yéochoua ben Pérahia  : «Fais toi un maître, qui lui-même a appris de son maître afin de ne pas apprendre seul au risque de te tromper»(voir Talmud Bérahot 63.2) au sujet des risques encourus par un Talmid khakham qui étudierait seul. Aujourd’hui beaucoup de personnes disent avoir fait Téchouva. Elles vont à la synagogue, prient 3 fois par jour, et fréquentent plusieurs cours différents. Pourtant elles n’ont pas eu ce mérite de ressentir et de vivre cette Téchouva au fond d’elles mêmes,  car elles n’ont pas commencé par l’essentiel.

Pourquoi?

Parce que pour servir Hachem, il faut apprendre à le servir au quotidien. Il faut savoir aller Le chercher par l’étude, le travail sur soi-même et sur ses midot.

C’est donc une contradiction. Si elles font Téchouva, il faut accepter de commencer à accomplir les mitsvot sinon ce ne sera pas une véritable Téchouva. Il ne faut pas avoir peur car c’est le B.A.BA pour une Téchouva sincère.

Dans notre génération, vous trouvez des gens qui, par leur assiduité à différents cours, ont une immense connaissance, mais, comme le dit le Rav Chalom Noah Brosovski de Solonime, cela ne suffit pas.

Quand nous faisons Téchouva, nous devons aimer Hachem et avoir la crainte d’Hachem.

Nous devons changer et surveiller notre comportement .

Malheureusement, l’éveil est trop lent pour cette Téchouva et le cœur peut ne pas être touché.

Le Messilat Yécharim nous dit : «Combien est heureux l’homme qui travaille dur sur lui-même, sur ses midot afin de donner un nahat rouah léyotsro.»

Le but de faire Téchouva est, non seulement de se rapprocher d’Hachem, mais aussi donner «nahat rouah à Hachem». Comment? En accomplissant les mitsvot qu’Il nous a données. «Celui qui a un amour entier, sincère, vrai envers Hachem ne cherchera pas à seulement à s’acquitter de son devoir, mais aura la joie de lui prouver son amour en étant lui-même rigoureux dans l’accomplissement des mitsvot( commandements) ».

Cet homme aura le comportement d’un fils envers son père. Quand son père l’appelle, le fils court pour lui faire plaisir. C’est cela l’Avodat Hachem.

Le Baal Chem Tov écrit qu’il n’avait sûrement pas l’intention de venir renouveler la Torah mais seulement comme beaucoup d’autres l’ont fait, donner élargir les moyens de pouvoir se rapprocher du Divin.

Le Rav HaCohen Ahelban dans son livre sur Eloul Taléler Hayim dit qu’il faut  se dire chaque jour  que depuis que le premier et deuxième temple ont été détruits que la perte la plus grande que l’on a pu subir c’est cette entité que le Maitre du Monde lui-même a attendue; et surtout qu’Il nous a fait passer de nombreuses épreuves afin que l’on puisse mériter ce titre de «Am Israël Goy Kadoch»(Peuple Saint D’Israël).

Pourquoi aujourd’hui nous n’y arrivons pas?

Parce que nous n’avons pas la connaissance dans la Torah, et  la matière que nous avons, ne s’est pas transformée, elle n’a pas atteint le cœur et est restée au niveau de l’intellect, elle ne vit pas. On peut aussi imputer ce manque à la personne qui dispense le cours. Avant d’y retourner, il  vous faut demander si le cours que vous avez écouté a fait vibrer votre cœur.

Le Rav Pinkus disait : «Avant d’éduquer tes enfants, il faut t’éduquer toi même».

Le travail du maître qui dispense le cours est d’essayer d’inculquer l’amour de la Torah. Il doit lui-même se remettre en question, vivre la Torah et vous donner envie de réfléchir, sinon, le cours ne vous servira à rien. Ces maîtres ne doivent pas seulement transmettre la Torah, mais vous donner envie de la vivre et de vous permettre une remise en question.

La question qu’il faut se poser est la suivante : «Sommes-nous capables d’oublier notre bien-être personnel et servir Hachem au quotidien? »

La Torah nous dit qu’Aaron venait allumer les lumières du Temple et Rachi précise qu’il ne changea jamais la ferveur avec laquelle il accomplissait la mitsva. Ceci depuis le premier jour où il l’a faite jusqu’au dernier,  toute sa vie, il venait et allumait à la même heure. En faisant ce même geste, il ne cherchait pas son plaisir, il accomplissait simplement Avodat Hachem.

Le Rav Yéouda Grinold pose la question : «Que cherchez-vous dans la Téchouva? Savez vous où vous voulez aller?»

Il faut vivre la Torah, que vous soyez entrain de travailler, à la maison, au restaurant, vous devez vivre suivant la Torah.

La triste réalité est qu’il a peu de gens qui ont le mérite de pouvoir intégrer entièrement dans leur quotidien La Divinité, le monde spirituel et la matière qui nous a complètement assouvis.
On a pris pour illustrer ce grave problème, l’exemple donné par les Maitres de Moussar : Deux rails qui se côtoient sur des milliers de kilomètres et cependant ne se sont jamais rencontrés.
Cela veut dire combien il est tristement clair que beaucoup n’ont pas eu la chance  de vivre en harmonie dans leur quotidien avec ce bonheur qu’est la Torah.

La personne qui étudie la Torah doit, dès le départ, le faire dans la rigueur, sinon dans vingt ans elle sera au même point. Comme le maître doit dispenser son enseignement avec rigueur et avec amour, l’élève doit chercher à élever son âme par son engagement le plus fort dans l’accomplissement des mitsvot, afin de faire vibrer et ressentir la Torah aux personnes.

Dans l’Avodat Hashem, la joie est indispensable, il n’y a qu’un chemin et il faut être entier pour le suivre.

Ainsi, on arrive dans le dérekh haTorah (la voie de la Torah) et on acquiert l’Ahavat Hachem (l’amour du Divin).

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