Loi sur l’Etat-nation: Shaked met en garde contre un « tremblement de terre » en cas d’annulation

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La ministre de la Justice, Ayelet Shaked, a mis en garde dimanche contre un « tremblement de terre » si la Cour suprême israélienne annulait la loi sur l’État-nation juif, largement contestée dans le pays.

Dans une interview accordée à la radio de l’armée, Shaked a expliqué qu’elle ne croyait pas que la Haute Cour de Justice avait le pouvoir d’annuler constitutionnellement la législation, étant donné qu’elle avait été adoptée en tant que loi fondamentale.

« Les juges de la Cour suprême sont des gens très sérieux et professionnels », a-t-elle déclaré.

« La Knesset est l’assemblée constituante qui définit et détermine les lois de base. (Les juges) doivent interpréter les lois conformément aux lois fondamentales, et je ne pense pas qu’une majorité à la Cour suprême prendrait une telle mesure », a-t-elle ajouté.

Israël, ne disposant pas d’une constitution traditionnelle, considère ses lois fondamentales comme étant prééminentes, car elles sont censées guider le système judiciaire. Or, la nouvelle législation, intégrée aux lois fondamentales qui font office de Constitution, a été critiquée par diverses communautés et l’opposition depuis son adoption le 19 juillet.

« J’espère vraiment que cela ne se produira pas et je ne crois pas que ce sera le cas », a insisté Shaked à propos de la possibilité d’une intervention de la justice, soulignant qu' »une telle décision provoquerait un tremblement de terre entre les différentes autorités ».

Shaked a laissé entendre qu’elle continuerait à défendre la loi qui a pourtant fait face à un barrage de critiques de la part de l’opposition, des minorités non juives en Israël, des dirigeants arabes et d’autres personnalités internationales.

« Elle montre comment se conduit ce gouvernement. Tous les partis de la coalition voulant aller dans un sens, que la loi hébraïque s’applique, d’autres veulent que l’Etat soit plus juif et moins démocratique, mais en fin de compte il ne reste quelque chose de honteux, » a fustigé lundi soir Ofer Shelah, président du groupe parlementaire Yesh Atid à i24NEWS.

 

Selon le député, « tout ce processus inutile a produit plus de dégâts que la loi elle-même », et appelle à son amendement.

Samedi, quelque 50.000 personnes, selon les médias israéliens, ont participé à une manifestation dénonçant la nouvelle législation. La minorité druze (130.000 personnes vivant principalement dans le nord d’Israël) a par ailleurs demandé à la Cour suprême de statuer sur ce texte législatif.

AP Photo/Sebastian ScheinerIsraelis from the Druze community participate in a rally against Israel’s Jewish Nation bill in Tel Aviv, Israel, Saturday, Aug. 4, 2018.
AP Photo/Sebastian Scheiner

« Il n’y a rien de révolutionnaire dans cette loi spécifique. Elle contient des valeurs sur lesquelles l’État a été fondé, des valeurs de peuplement, d’immigration et d’identité nationale. Il y a un consensus sur ces valeurs », a-t-elle assuré à la radio.

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a lui aussi défendu une nouvelle fois dimanche la loi controversée, au lendemain d’une manifestation massive de la communauté druze et de leurs sympathisants à Tel-Aviv.

Le Parlement israélien a été convoqué le 8 août pour une séance extraordinaire sur cette loi, à la demande de 52 députés d’opposition (sur un total de 120), selon lesquels les débats seront centrés sur « les atteintes aux valeurs d’égalité et de démocratie ».

Loi sur l’Etat-nation: Shaked met en garde contre un « tremblement de terre » en cas d’annulation

La ministre de la Justice, Ayelet Shaked, a mis en garde dimanche contre un « tremblement de terre » si la Cour suprême israélienne annulait la loi sur l’État-nation juif, largement contestée dans le pays.

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