Plusieurs deuils, dont celui d’un enfant, un cancer du sein… La vie n’a pas épargné la chanteuse. Mais elle n’a jamais baissé les bras.

Dans le showbiz, France Gall faisait figure de résiliente, tant elle a accumulé les coups durs et les épreuves… Pourtant la vie l’avait particulièrement choyée à ses débuts : née dans une famille de musiciens, elle connaît le succès dès ses 16 ans, s’impose parmi la bande des yéyés et enchaîne les tubes, notamment avec Serge Gainsbourg, avant de devenir une star de la variété française aux côtés de Michel Berger pendant près de vingt ans… Peut-on rêver meilleur destin pour une artiste ?

« Nous étions habités par la peur »

Mais alors qu’elle vit une véritable alchimie musicale et sentimentale avec Berger, elle apprend que sa fille Pauline, née en 1978, est atteinte de la mucoviscidose, une maladie génétique létale qui obstrue les voies respiratoires et condamne l’enfant à moyen terme. Un véritable déchirement pour ses parents, qui s’enferment dans leur secret. À l’extérieur, faire comme si de rien n’était, continuer le jeu du star-système. En eux, une grande angoisse partagée.

« La maladie de notre fille Pauline a été une tragédie dans notre existence, expliquait-elle à Paris Match en 2012. Il m’a totalement épaulée, jour après jour. Quand l’un faiblissait, l’autre était là pour le relever. Nous étions habités par la peur et le désespoir, mais quand Pauline n’était pas malade, la vie reprenait aussitôt… » Désormais, ils mènent leur carrière en alternance, une année sur deux, afin d’être plus disponibles pour leur fille en souffrance.

Deuil et cancer

En 1992, le sort s’acharne : Michel Berger succombe à une crise cardiaque à Ramatuelle, à seulement 44 ans. Nouveau choc pour France Gall qui fait face. Elle est au premier rang des funérailles, entourée de ses deux enfants, Pauline et Raphaël, et de tout le showbiz français. Quelques mois plus tard, on lui diagnostique un cancer du sein. Pour elle, la conséquence directe de la disparition brutale de son mari.

« À l’annonce de la mort de Michel, a-t-elle un jour raconté dans Gala, j’ai ressenti une douleur dans le ventre, dans le corps, tellement forte, que je ne pouvais plus tenir debout. Ce sont les mots qui ont déclenché cette douleur incroyable. Je me suis dit qu’elle devait ressortir d’une manière ou d’une autre… » Elle est opérée au printemps 1993, puis suit des séances de rayons avant de remonter sur scène. Pas question de faire pleurer sur son sort : elle veut donner de la voix, être dans la vie, enchaîne les spectacles et les tournées, Bercy, Pleyel puis l’Olympia…

Un nouvel élan coupé net par la mort de sa fille Pauline, en 1997. Trop, c’est trop, France semble sur le point de s’effondrer. « Ma chérie, tout le monde est là pour te dire au revoir. Et Respire maintenant ! » lance-t-elle au bord de la tombe de sa fille disparue. « On n’en revient pas de vivre un truc pareil ! confiera-t-elle plus tard dans un documentaire sur France 3. On ne peut pas, on ne veut pas. Pourtant, c’est là, impossible, inhumain. Alors, j’ai voulu le vivre en face. »

L’exil au Sénégal

Pour panser ses blessures, la chanteuse choisit l’exil et le silence. « À la disparition de Michel, j’ai eu envie de continuer à chanter. À la disparition de Pauline, j’ai eu envie de me taire », résumait-elle un jour dans Paris Match. Elle prend désormais ses quartiers d’hiver au Sénégal, un pays qu’elle a appris à connaître dès la fin des années 1960. Quand vient la période de Noël, où les souvenirs deviennent trop douloureux, elle rejoint sa maison nichée sur l’île de N’Gor, au large de Dakar, où elle multiplie les initiatives pour venir en aide aux habitants du coin.

Elle n’oublie rien mais trouve du réconfort dans les textes qui parlent de l’absence et de la mort, comme certains poèmes de Victor Hugo ou Les Consolations de Sénèque. « J’ai quand même pris une décision, a-t-elle raconté en 2015 sur l’antenne de RFM. Quitte à vivre des choses extrêmement tristes et douloureuses, autant les vivre en face parce que ça ne sert à rien de sortir, se distraire… Ce n’est pas ça qui va arranger les choses. Pour y parvenir, il faut vraiment être dans le silence, et accepter. »

« Si j’ai traversé tout ça, ce n’est pas pour rien »

Elle reviendra tout doucement sous les projecteurs, selon ses choix et ses envies, un soir au côté de Johnny Hallyday à l’Olympia, pour chanter « Quelque chose de Tennessee », ou pour promouvoir un documentaire autobiographique, France Gall par France Gall, qui fera date sur France 3. « Avec le temps, j’ai dû apprendre à décider toute seule, expliquait-elle dans Paris Match. J’ai la chance d’être très bien entourée. » À demi-mot, la presse fera allusion à son nouveau compagnon, Bruck Dawit, un ingénieur du son américain qui a travaillé avec les plus grands, devenu son complice artistique. C’est avec lui qu’elle va notamment mener à bien sa comédie musicale Résiste, qui reprendra les standards de sa carrière. Toujours regarder de l’avant pour ne pas flancher, créer, exister…

Rattrapée par un cancer, l’artiste avait su depuis longtemps apprivoiser la douleur et la mort. « Je pense qu’on a plusieurs vies, confiait-elle à Match il y a deux ans. Si l’on ne fait pas ce qu’il faut dans cette vie, on reproduit sans cesse les mêmes choses. Si j’ai traversé tout ça, ce n’est pas pour rien. J’ai demandé au cosmos que ma prochaine vie soit douce, très douce. Mais comme je serai la même âme, est-ce que cela me suffira ? »

France Gall : une vie marquée par les épreuves

Dans le showbiz, France Gall faisait figure de résiliente, tant elle a accumulé les coups durs et les épreuves… Pourtant la vie l’avait particulièrement choyée à ses débuts : née dans une famille de musiciens, elle connaît le succès dès ses 16 ans, s’impose parmi la bande des yéyés et enchaîne les tubes, notamment avec Serge Gainsbourg, avant de devenir une star de la variété française aux côtés de Michel Berger pendant près de vingt ans…

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