Si pour le moment, l’Elysée n’a encore rien décidé en termes de cérémonie officielle, les Français ont déjà commencé à rendre hommage à « l’idole des jeunes ».

L’hommage national en l’honneur de Johnny Halliday a commencé de fait. L’Elysée n’a pas encore décidé de cérémonies officielles, et rien ne se fera sans la famille. Mais sur les ondes, dans les rues, les entreprises, les foyers, il n’y en avait que pour « l’idole des jeunes », dont la disparition était annoncée dans la nuit par ces mots bouleversants de son épouse Laetitia : « Mon homme est mort. Le papa de Laura et David a fermé ses yeux. Ses yeux bleus qui illuminèrent encore et encore notre maison et nos âmes ». Ses yeux qui allumaient le feu dans l’obscurité du petit matin, avec ses chansons qui déferlaient comme les hommages, chacun ayant un souvenir attendri. Et l’on entendait en boucle paroles et titres qui ont accompagné un moment de nos vies : « Retiens la Nuit », « O Marie », « Envie d’avoir envie », « Noir c’est noir », « Ma gueule, qu’est ce qu’elle a ma gueule ? ». Toutes les époques se mélangeaient, toutes les générations aussi, et les travailleurs qui se lèvent tôt croisant les noctambules qui se couchent tard ; tous entonnaient en cœur avec des voix parfois avinées : « on  a tous en nous quelque chose de Tennessee et de Johnny ».

Icône transgénérations, transcourants, transmilieux, il fallait avoir une force, un talent, un génie hors du commun pour devenir notre « bien commun ». Puis pour survivre à toutes les modes, et s’ériger en mythe qu’on voulait croire indestructible. Il avait été plusieurs fois donné pour mort, et il revenait sur scène avec les Vieilles Canailles, et ses succès que parents, enfants, et grands parents entonnaient en chœur : « les portes du pénitencier bientôt vont se fermer, et c’est là que je finirai ma vie… » Impossible, voulions nous croire. Il paraissait plus immortel que l’autre immortel Jean d’Ormesson, juste mort avant lui !

Incroyable parallèle avec la disparition d’Edith Piaf en octobre 1963, quelques heures à peine après celle de son ami poète Jean Cocteau. La France « pleura » cette voix qui lui parlait au cœur, cette « Môme » à qui l’Eglise Catholique refusa toute cérémonie religieuse, car elle avait divorcé et vivait « en état de pêché public ». Cela n’empêcha pas le peuple de l’accompagner jusqu’au cimetière du Père Lachaise. Plus de 40.000 personnes, qui se bousculèrent jusque sur sa tombe pour lui chanter « l’hymne à l’amour…Non rien de rien, je ne regrette rien » et murmurer ces quelques mots auxquels elle voulait croire : « la mort ça n’existe pas, c’est le commencement de quelque chose ».

Deuil national chez les politiques

Combien seront-ils pour rendre hommage demain à « Johnny » ? Sûrement beaucoup plus encore, et quel que soit l’endroit où l’hommage sera rendu. On n’imagine pas les Invalides ou le Panthéon. Trop officiels. Pas assez vivant pour lui qui l’était sublimement. Le Stade de France ? La Tour Eiffel ?  Le Président et son épouse seront au premier rang. Mais tout le monde, le Grand, le petit et le moyen seront là, alors il faudra voir large. Immense. « Géant », comme James Dean, à qui il rêva tant. Et avec tous les chanteurs des générations suivantes qui ont repris récemment certaines de ses chansons dans un album qui cartonne : Amel Bent , Nolwenn Leroy, Benjamin Biolay, Patrick Bruel, Slimane, Thomas Dutronc, Garou etc… Aucun ne refusera. Tous se précipiteront. Il n’y a plus de grincheux là. On est dans le deuil national. La preuve par Corbière…

Alexis Corbière député Insoumis a eu la mauvaise idée de publier un tweet ainsi rédigé « la triste mort de Johnny ne doit pas faire oublier le nouveau mauvais coup qu’ils nous préparent. Prochaine cible le Smic ». Le politicien s’est pris une dérouillée, une volée de tweets verts, qu’on peut résumer par ces deux mots lapidaires de la députée LREM Aurore Berger : « une rare indignité ». Et peu importe qu’Alexis Corbière, comme il était contraint de le rappeler, ait tweeté un fort respectueux hommage une heure avant, sa malséance était actée. Il avait touché à quelque chose de sacré. Il n’avait pas respecté le deuil national, l’émotion collective. Le délai de viduité qui impose qu’on réserve à plus tard les misères et querelles du quotidien pour communier dans le souvenir, les joies qu’il nous a données, les peines qu’on a pu partager. « Tous ensemble, oui » ! Il y a des mots d’ordre qui s’imposent et pas seulement dans les manifs, dans ces moments où le peuple est en symbiose et a envie de pleurer et de chanter.

D’écouter sans doute aussi ces mots de Laetitia Hallyday, en conclusion de sa lettre à tous : « Johnny était un homme hors du commun. Il le restera grâce à vous. Surtout ne l’oubliez pas. Il est et restera avec nous pour toujours. Mon amour, je t’aime… »

Et nous aussi, on l’aime.

L’hommage national pour Johnny Hallyday a déjà commencé

L’hommage national en l’honneur de Johnny Halliday a commencé de fait. L’Elysée n’a pas encore décidé de cérémonies officielles, et rien ne se fera sans la famille. Mais sur les ondes, dans les rues, les entreprises, les foyers, il n’y en avait que pour « l’idole des jeunes », dont la disparition était annoncée dans la nuit par ces mots bouleversants de son épouse Laetitia : « Mon homme est mort.

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