Long de 2.000 kilomètres, Eastmed aura pour but de réduire la dépendance de l’UE à la Russie. Le projet devrait coûter près de 6 milliards et être inauguré en 2025.

Eastmed avait été inscrit en 2015 par la Commission européenne dans la liste de 195 projets d’infrastructures énergétiques essentiels, dits « projets d’intérêt commun ». L’UE importe chaque année environ 250 milliards de mètres cubes de gaz de l’étranger, soit 70 % de sa consommation, et  40 % vient de Russie. D’après un rapport du géant italien Edison, elle aura besoin de 100 milliards de mètres cubes supplémentaires d’ici à 2030 pour satisfaire ses besoins énergétiques.

Multiplication des projets

D’où la multiplication des projets de gazoducs.  Celui de Nord Stream 2, qui doublera Nord Stream 1 pour acheminer le gaz jusqu’au nord de l’Allemagne en passant sous la Baltique. Celui du TAP, gazoduc transadriatique qui doit faire arriver sur le marché européen le gaz d’Azerbaïdjan, via la Grèce et l’Albanie, jusque dans les Pouilles, dans le sud de l’Italie. Mais Rome n’arrive pas, pour des raisons bureaucratiques, à achever les 16 kilomètres restants.

Cela ne l’a pas empêché de signer un nouveau protocole d’accord pour la construction du plus long pipeline sous-marin de gaz naturel au monde, long de quelque 2.000 kilomètres. Il impliquera quatre pays : l’Italie, Israël, Chypre et la Grèce. Ils mettront en commun leurs ressources pour les études, la construction et le fonctionnement d’un projet dont la facture est estimée à près de 6 milliards d’euros.

L’Eldorado méditerranéen

D’importants champs gaziers ont été récemment découverts  dans l’Est de la Méditerranée.

Celui de Leviathan par Israël, qui commencera son exploitation en 2019, ou celui d’Aphrodite au large de Chypre, qui contiendrait environ 127 milliards de mètres cubes de gaz. Sans oublier Zohr, près de l’Egypte, le plus grand gisement jamais découvert en Méditerranée, avec des estimations de 850 milliards de mètres cubes.

Ce sont les deux premiers champs gaziers qui seront reliés par Eastmed, dont la capacité annuelle sera de 12 à 16 milliards de mètres cubes  et qui pourrait être achevé d’ici à 2025. Les promoteurs du projet le présentent comme un complément aux fournitures de gaz russe déjà programmées, Rome ne pouvant souscrire à une action directe contre l’un de ses traditionnels partenaires économiques.

Satisfaction en Italie

L’Italie, qui avait protesté contre le projet Nord Stream 2 dont elle était exclue, se félicite de redevenir un noeud central dans l’approvisionnement européen, ainsi que des futures retombées en termes d’emplois et d’investissements.

« Nous sommes la deuxième économie manufacturière d’Europe, la diversification et la qualité de nos sources d’énergie sont fondamentales pour le pays et sa compétitivité », a commenté le ministre italien de l’Industrie. Outre un rééquilibrage en direction des pays du Sud, l’UE renforce également sa sécurité énergétique en réduisant sa dépendance vis-à-vis de la Russie et de la Turquie.

Olivier Tosseri

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