En 2004, des agents commerciaux ont démarché et escroqué de nombreuses sociétés dans le grand Ouest en proposant, puis en imposant des espaces publicitaires, dans différents supports. Des dizaines de sociétés démarchées ont été harcelées jusqu’à ce qu’elles paient. L’arnaque a rapporté 5 millions d’euros, qui se sont évaporés en Chine.

Le procureur de la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Rennes a requis des peines allant de 5 ans de prison ferme à un an de sursis. Mais, selon l’accusation, tous savaient qu’ils commettaient une escroquerie en vendant des espaces publicitaires qui n’existaient pas.

Les démarcheurs harcelaient

Le mode opératoire était toujours le même. D’abord, un démarchage téléphonique très agressif, réalisé sous différents pseudonymes, pour convaincre les gérants de société ou leurs comptables d’insérer des espaces publicitaires, dans des revues ou des annuaires professionnels.

Les démarcheurs harcelaient ensuite leurs victimes jusqu’à ce qu’elles envoient un fax d’ordre d’insertion prérempli, supportant le cachet de l’entreprise. L’ambiguïté résidait dans le nombre de parutions. Le « client » pensait avoir commandé un seul encart et se voyait relancé pour une douzaine de parutions.

5 millions d’euros de préjudice

La facture était parfois élevée. Quand les entrepreneurs rechignaient à régler la somme exigée, un faux huissier, un faux avocat ou un faux policier passait un appel et informait le mauvais payeur des sanctions qu’il encourait. Une comptable d’une grosse société de Saintes a versé un million d’euros…

Le préjudice déclaré s’élève à 5 millions d’euros, plusieurs sociétés n’ayant pas porté plainte pour préserver leur image ou n’ayant pas jugé utile de lancer une procédure, pour quelques milliers d’euros.

Les escrocs en Israël

À la sortie, la prestation chèrement payée n’était pas fournie. Différentes sociétés récoltaient les fonds et les dispatchaient sur différents comptes, où ils ne restaient pas longtemps.

Les enquêteurs ont identifié une dizaine de personnes, impliquées dans l’escroquerie. La plupart ont quitté la France et se sont établies en Israël où elles résident toujours.

Seuls trois prévenus à l’audience

Après plus de dix ans d’investigations, l’affaire a été jugée hier et aujourd’hui par la Jirs de Rennes. Seuls trois prévenus se sont présentés devant les juges. Le cerveau de l’affaire, résidant en Israël, ne s’est pas déplacé.

Le procureur a requis la plus forte peine contre lui : 5 ans. Un mandat d’arrêt international a été lancé contre les sept absents. Des peines de deux ans de prison et du sursis ont été demandées contre eux. Le jugement sera rendu le 21 décembre.

https://www.ouest-france.fr/bretagne/rennes-35000/rennes-cinq-ans-de-prison-requis-pour-de-faux-espaces-publicitaires-5411823

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