La femme de l’assassin de l’ex-PM a annoncé qu’une demande de révision du procès de son mari va être soumise

Yigal Amir, qui purge une peine de prison à perpétuité pour l’assassinat du Premier ministre israélien Yitzhak Rabin en 1995, va demander une révision de son procès, en faisant valoir qu’il n’a pas tiré les balles responsables de la mort de Rabin, bien qu’il ait tenté de le tuer, révèle dimanche le site d’information Times of Israel.

Yitzhak Rabin a été assassiné le 4 novembre 1995 à l’issue d’un discours lors d’une manifestation pour la paix qui avait rassemblé des dizaines de milliers de personnes dans le centre de Tel-Aviv.

Son meurtrier, Yigal Amir, est un militant d’extrême droite farouchement opposé aux accords d’Oslo avec les Palestiniens, pour lesquels MM. Rabin, Yasser Arafat et l’ancien président israélien Shimon Peres avaient obtenu le prix Nobel de la paix en 1994.

L’épouse d’Yigal Amir, Larissa Trimbobler, a annoncé samedi sur Facebook qu’une équipe d’avocats était en train de préparer la demande de révision en coordination avec son mari.

Le dossier contre Amir semble pourtant claire: il a été filmé en train de brandir une arme à feu en direction de Rabin, a confessé calmement son acte à la police, et n’est jamais remis en cause sa culpabilité.

Yigal Amir avait notamment expliqué avoir pris la décision d’assassiner Yitzhak Rabin le 3 mars 1994, lors des funérailles de Baruch Goldstein, responsable du massacre de 29 musulmans alors qu’ils priaient au Caveau des Patriarches à Hébron. Son objectif était de poursuivre la lutte entamée, selon lui, par Goldstein contre le processus de paix, « au nom de Dieu », avait-il déclaré.

Screen capture: via YouTubeA screen capture from an amateur video showing bodyguards and police jumping on Yitzhak Rabin assassin Yigal Amir in Tel Aviv on November 4, 199
Screen capture: via YouTube

Cependant, plusieurs théories conspirationnistes sont apparues, suggérant qu’Yigal Amir n’était pas l’assassin d’Yitzhak Rabin. Ces théories s’appuient sur des allégations selon lesquelles Amir aurait notamment tiré des balles à blanc, sur des témoignages de certaines personnes ayant affirmé n’avoir pas vu de sang sur les lieux du meurtre, ou encore sur les interrogations posées par la durée anormalement longue du trajet de l’ambulance qui a transporté Rabin jusqu’à l’hôpital qui était pourtant très proche.

Un des représentants de la famille Amir, Michael Achour, a révélé au Times of Israel que les avocats vont soutenir que leur client n’aurait pas dû être jugé pour meurtre, mais pour tentative de meurtre, laissant entendre que quelqu’un d’autre aurait tué Rabin.

« Nous ne disons pas qu’Yigal Amir n’était pas là et nous ne disons pas qu’il n’a pas tiré. Mais il y a une preuve que ses balles n’ont pas tué Rabin « , a déclaré Achour. « Il était là, mais il ne l’a pas tué. Ce fait devrait être considéré comme une tentative de meurtre », a-t-il soutenu.

Trimbobler a également posté des images sur Facebook censées montrer que l’un des gardes du corps de Rabin était au courant d’une tentative d’assassinat.

« 18 preuves »

Dimanche matin, Trimbobler a écrit un autre post dans lequel elle affirme que les avocats de son mari détiennent « 18 preuves que les balles tirées par Yigal Amir sur la tête du Premier ministre Yitzhak Rabin le 4 novembre 1995 n’étaient pas celles qui ont provoqué sa mort ».

Promettant de « révéler la vérité », elle a appelé toute personne ayant d’autres preuves à les transmettre à l’équipe de la défense d’Yigal Amir, ajoutant que toute nouvelle information serait transmise à la presse étrangère, mais pas aux médias israéliens.

« Yigal Amir n’est qu’un pauvre assassin et doit mourir en prison », a immédiatement réagi le député Itzik Shmuli du Parti travailliste.

« Il a tiré non seulement dans le dos du Premier ministre, mais dans le dos du pays tout entier. Cette ordure doit moisir en prison et ne plus jamais être exposée au public », a-t-il ajouté.

Amir, âgé aujourd’hui de 47 ans, purge une peine d’emprisonnement à perpétuité pour le meurtre de Rabin le 4 novembre 1995. Il reste à l’isolement, bien qu’il ait reçu la permission d’épouser Trimbobler en 2004 après une longue bataille juridique.

AFPAn Israeli woman walks past a billboard bearing a portrait of late Israeli prime minister Yitzhak Rabin
AFP

Les précédentes tentatives de faire libérer Amir sur la base de théories complotistes ont toutes échoué jusqu’à aujourd’hui.

Le tribunal qui a condamné Amir et la commission Shamgar créée pour enquêter sur les événements qui ont conduit à l’assassinat ont rejeté les allégations de conspiration et conclu qu’Amir était le coupable de meurtre.

Rabin a servi comme chef d’état-major d’Israël pendant la guerre des Six jours en 1967, avant d’être ambassadeur aux États-Unis, ministre de la Défense et deux fois Premier ministre.

Plus tôt ce mois-ci, plus de 85.000 personnes ont participé, à Tel Aviv, au rassemblement annuel commémorant l’anniversaire de l’assassinat de Rabin, organisée par la gauche israélienne qui accuse régulièrement le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et son parti, le Likoud, d’avoir participé à une campagne de haine qui avait précédé l’assassinat de M. Rabin.

Mais M. Netanyahou a toujours rejeté ces accusations.

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1 COMMENTAIRE

  1. une demande de révision qui serras vaine cars on tiens bien le coupable et en qu’elle que sorte une personne qui a eu le courage de ces idées … et t’en mieux on aurais perdu le Golan pour une illusoire paix toutes les villes et villages israéliens serrais aujourd’hui sous le menace avec se point en hauteurs dominant toutes la vallée !

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