Me Buchinger, avocat des enfants de la victime, a tenu une conférence de presse ce mardi. Pour lui, le caractère antisémite ne fait aucun doute dans le meurtre de Sarah Halimi.

« Je ne lance pas des accusations à la cantonade. Je me base uniquement sur les faits. Et tous indiquent qu’il s’agit d’un crime antisémite. Si Mme Halimi n’avait pas été juive, elle serait encore en vie aujourd’hui. »

Trois mois et demi après le meurtre de Sarah Halimi — une femme juive de 66 ans défenestrée par un voisin musulman depuis son immeuble de Belleville (XIe) — Me Jean-Alex Buchinger, avocat des parties civiles, a organisé une conférence de presse, ce mardi matin, pour dénoncer l’absence de circonstances aggravantes dans le dossier d’instruction sur ce drame.

 

 

C’était dans la nuit du 4 avril dernier, à quelques jours du 1er tour des élections présidentielles. Kobili Traoré, 27 ans, avait fait irruption chez des voisins (et amis) qui s’étaient enfermés dans une pièce et avaient alerté la police. Les premiers policiers arrivés sur les lieux avaient entendu le forcené réciter des sourates du Coran de l’autre côté de la porte. Ils avaient décidé d’attendre l’arrivée de renforts avant d’intervenir.

Entre-temps, le jeune homme était passé depuis le balcon dans l’appartement de sa victime surprise dans son sommeil, rouée de coups aux cris d’« Allahou akbar » puis projetée du 3e étage. Interpellé plus d’une heure après l’arrivée des premiers policiers, le jeune homme, interné depuis les faits, a été mis en examen le 10 juillet dernier. Pour « séquestration » et « homicide volontaire ».

« La séquestration concerne les amis de Kobili Traoré et pas Mme Halimi. Et la qualification d’homicide volontaire n’implique pas de notions de préméditation », s’étonne l’avocat des parties civiles en rappelant que le jeune homme connaissait sa victime, juive très pratiquante qu’il avait déjà menacée à plusieurs reprises. « Il a crié j’ai tué le sheitan (démon en arabe) après l’avoir poussé dans le vide. »

Le jeune homme qui a tenu un discours très cohérent durant ses auditions a nié toute intention antisémite. Il justifierait son geste fou par une grosse consommation de cannabis (« 15 à 20 joints ») durant la nuit du drame.

« Le procureur Molins, qui nous avait reçus dès avril, avait assuré que toutes les hypothèses seraient examinées », rappelle Joël Mergui, président du Consistoire central de France. « Plus de 3 mois après, il est surprenant, décevant et inquiétant que la question de l’antisémitisme ne soit toujours pas posée. »

Le week-end dernier, à l’occasion des commémorations du 75e anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv, Emmanuel Macron a demandé à la justice de faire toute la « clarté » sur cette affaire. L’expertise psychiatrique de Kobili Traoré, qui décidera de la responsabilité pénale du jeune homme, doit être rendue au plus tard le 22 août.

 

Paris : pour l’avocat de Sarah Halimi  » si elle n’avait pas été juive, elle serait encore en vie « 

 » Je ne lance pas des accusations à la cantonade. Je me base uniquement sur les faits. Et tous indiquent qu’il s’agit d’un crime antisémite. Si Mme Halimi n’avait pas été juive, elle serait encore en vie aujourd’hui.

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