Ce matin, la France qui s’est tue face aux résolutions de l’ONU et de l’UNESCO a retrouvé les couleurs de l’honneur et elle le fit en la personne de son jeune Président qui invita à la cérémonie qui marquait le 75e anniversaire de l’un des épisodes les plus noirs de l’histoire française une figure majeure d’Israël, Benyamin Netanyahou.

Esprits chagrins, vous aurez beau jeu de dire que notre Président était là tout à sa séquence diplomatique, conviant Netanyahou ce 16 juillet après les visites de Vladimir Poutine et de Donald Trump : vous êtes d’une malhonnêteté indicible.

En effet, qu’il ait choisi, notre Président, de convier le Premier Ministre Israélien à la cérémonie de  commémoration de la rafle du Vél’ d’Hiv’ constitua d’abord une première qui souleva de nombreuses questions sur le symbole politique et mémoriel choisi par le nouveau pouvoir : la venue du Premier Ministre ne manqua pas d’être dénoncée par nombre d’associations comme l’UJFP, choquée qu’un dirigeant israélien soit convié à la commémoration d’un crime contre l’humanité franco-français, le Parti communiste protestant quant à lui contre la venue du dirigeant israélien, qui n’était pas l’homme du message fort de paix que devrait porter la commémoration du Vel d’Hiv, la haineuse Olivia Zemor de France Palestine et plein orgasme le disputant à l’inénarrable Charles Enderlin, pendant que l’extraordinaire Myriam vint leur clouer le bec à tous, Place de la République, au micro de RT.

Mais notre Président, il leur servit, à ceux-là, en guise de réponse, que c’était bien la France qui avait organisé la rafle du Vel d’Hiv en juillet 1942 et la déportation de milliers de Juifs, répétant que Vichy n’était pas une monstruosité née de rien et que pas un seul Allemand ne participa à l’organisation de cette rafle, faisant ainsi que se perpétue le fil tendu en 1995 par Jacques Chirac et promettant de ne rien céder aux messages de haine et à l’antisionisme, forme réinventée de l’antisémitismeC’est la haine des Juifs qui s’exprime à travers la haine d’Israël, appuya-t-il.

J’espère que sera évoqué le meurtre,  75 ans après la Rafle, de Madame Sarah Halimi  par un djihadiste antisémite le 4 avril 2017, nous disait Michel Zerbib de Radio J, juste avant que Francis Khalifat, Président du Crif, n’exauçât son souhait. Et là, le Président français, alors qu’il énumérait une liste de noms de victimes de crimes racistes ou antisémites, dont Ilan Halimi, y ajouta le nom de Sarah Halimi et demanda à la Justice, malgré la réserve qui était sensée être la sienne s’agissant d’ une affaire judiciaire en cours, de reconnaître le crime antisémite de Sarah Halimi, et ce malgré les dénégations du meurtrier.

Commémorer la Shoah et ce génocide ignoble que fut la rafle du Vel d’Hiv mais continuer à nier le crime antisémite de Sarah Halimi serait revenu à donner des miettes aux juifs pour qu’ils se la ferment un peu, aurait été une preuve de plus que les Juifs décidément, on les aime surtout, victimes en pyjama rayé, lorsqu’ils sont morts et qu’on peut alors à loisir s’acheter une conscience en les pleurant un brin. Notre Président, alors que la rafle du Vél d’Hiv fut longtemps l’objet d’une pesante omerta dans la société française, vient de mettre fin à un autre non-dit, et il l’a fait avec une exceptionnelle clarté, une force et d’une dignité remarquables, en dénonçant ce silence et ce qu’on ne voulut pas voir, par lâcheté ou complaisance.

http://www.tribunejuive.info/commemorations/quand-le-president-parle-de-sarah-halimi-par-sarah-cattan

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