Aucun média français n’a couvert le meurtre de ma sœur Sarah Halimi, nous dit William Attal, frère de Sarah Halimi, interrogé au sujet de l’assassinat de sa sœur, jetée par la fenêtre de son appartement en plein Paris .Sarah-Halimi

Aucun autre média français n’a couvert cet événement […] Jai attendu sept semaines que les médias français évoquent cet événement mais aucun d’entre eux n’en a parlé, a ajouté cet homme, évoquant Sarah, battue puis défenestrée vivante de son balcon du 3e étage dans la nuit du 3 au 4 avril. La douleur est toujours présente, mes nuits sont hantées par les propos et les images que je crois percevoir de ce qui s’est passé lors de cette dernière nuit que ma sœur a vécue […] Un monstre est entré dans l’appartement de ma sœur au milieu de la nuit et s’en est suivi ce qu’aucun être humain ne peut supporter […] Jai mis plusieurs jours à me remettre du rapport de police au vu de la violence des coups […] le rapport de police confirme que ma sœur a subi des actes de torture pendant plus d’une heure, il l’a massacrée, et les dégâts sont tels que ma décence ne me permet pas de vous donner des détails.

Voilà. Vous l’entendez, William Attal, dévasté, en deuil, et vous savez que ce qui encore plus lui importe, c’est qu’enfin la Vérité soit faite. Et il est entouré pour cela des deux avocats qui nous ont reçus ce matin, et de Joël Mergui, le Président des Consistoires, en lesquels William Attal semble avoir mis toute sa confiance.

Petit à petit, la Presse arrive. Le Parisien qui avait été le seul avec les journaux communautaires à relayer l’affaire, mais aussi Le Monde, Atlantico, Marianne, France 24, I24News, et plein d’autres : étrangement venus soudain, 7 semaines après les faits, aux nouvelles. Pour Tribune, nous étions deux à émarger.

Les nouvelles ? Ce sont Maître Buchinger et Maître Kaminski qui vont nous les donner, avec une clarté et une précision qui les honorent, s’en référant professionnellement aux seules pièces du dossier de la procédure, répondant largement à nos questions, marquant une écoute sincère et respectueuse envers William Attal, qu’ils laissent parler dès que celui-ci demande la parole, bref ayant épousé l’affaire, et travaillant en bonne entente, malgré ce qui nous en fut relaté de ci, de là, avec Samy Gozlan du BNVCA et Joël Mergui du CRIF : ils étaient tous là nos représentants, prêts à en découdre.IMG_2749

L’affaire, vous, lecteurs de Tribune juive, vous la savez. Nous  insisterons donc ce matin sur quatre questions au cœur de cette conférence de presse:

  • S’agit-il d’un crime terroriste ?
  • L’irresponsabilité pénale du meurtrier au moment des faits peut-elle être retenue ?
  • Sarah a-t-elle été assassinée parce qu’elle était juive ?
  • Où était la police ?

Kada Traoré, musulman de 27 ans, n’a cessé de réciter ce soir-là des sourates du Coran, scandant les coups dont il gratifia Sarah du sinistre Allah Akbar. Il était allé à la mosquée la veille des faits, en vêtement traditionnel, ce qu’il ne faisait pas à l’accoutumée. Là, on sait qu’il a prévenu deux de ses copains qu’il allait tuer quelqu’un. Lorsqu’il s’introduit chez Sarah, empruntant la coursive extérieure et passant par l’appartement voisin qu’on lui a ouvert si gentiment, à 4 heures du matin, il le fait sciemment : il l’a déjà traitée de sale juive et sa famille et lui accompagnent depuis toujours l’injure de crachats lorsqu’ils croisent madame Halimi et sa famille. Alors que l’autopsie révèle plus d’une vingtaine de fractures sur son corps et son visage, et que le corps de Sarah tombe du troisième étage, en somme aux pieds de la police, notre terroriste est allé se laver les mains et se changer avant de se rendre sans difficulté aucune à la police : se serait-il  fait pur avant son entrée espérée au Paradis.

Dans  l’appartement, du sang partout.

Lui, le voilà après une première audition interné à l’Hôpital psychiatrique de Saint-Maurice, ne cessant de réciter moult sourates et d’implorer Allah : les experts semblent se disputer le degré d’aliénation de l’assassin mais les avocats refusent que soit émis le moindre doute : rappelant qu’on ne peut certes commettre un acte terroriste en étant sain d’esprit, ils expliquent, preuves à l’appui, que ce meurtrier-là a essayé de faire croire que Sarah Halimi se serait suicidée. Qu’il a donc tenté d’élaborer une stratégie qui puisse lui épargner la prison à vie. Et qu’en l’occurrence, être en état, à ce moment précis, de réfléchir à une stratégie suppose un degré de cynisme certain mais aussi une relative possession de ses facultés mentales.

Sarah, son frère William la décrit ainsi : Toujours accompagnée de ses petits-enfants portant kipa et papillotes, Sarah était la Juive du quartier ; elle était la Juive de l’immeuble. Elle était la Juive.

Notre terroriste islamiste, lui dont elle avait peur parce qu’il lui crachait au visage et la traitait de sale juive, il l’a également, ce soir-là, qualifiée à plusieurs reprises de shetan : Sarah n’était-elle pas l’infidèle qu’il s’agissait de châtier. Kada Traoré, si le seul délire l’avait motivé, il eût pu aller tuer quelqu’un d’autre de l’immeuble? Mais comme nous vous l’avons déjà dit, chez ces supposés déséquilibrés, lorsqu’ils jouent à plouf-plouf, souvent ça tombe, pile poil, sur un Juif : adresse à celui-là sur les réseaux sociaux qui nous reprochait d’en faire, du bruit, pour une défenestration ! Et pourquoi voulions-nous encore que ce fût un acte antisémite ? Alfred, si tu nous entends.

La conviction de tous ceux qui ont eu accès aux détails du dossier est bien que Sarah Halimi est morte parce qu’elle était juive et cela dans un silence assourdissant. Joël Mergui ? Cet homme que d’aucuns taxent d’extrême prudence nous dit carrément : C’est un acte antisémite ; à défaut, il faudra nous prouver que ce n’en est pas un, et il ajoute : Je suis toujours mesuré dans ce type d’affaires, mais là je ne lâcherai rien.

Maître Gilles-William Goldnadel, en charge de l’affaire aux côtés de Maître Buchinger, l’avait  déjà dénoncé, l’éternel processus de psychiatrisation de tous les terroristes islamistes : Si l’assassin était un blond, toute la France serait descendue dans la rue, mais là, comme il s’agit d’un Musulman radical, toute la France politique et médiatique rase les murs, et même qu’il n’hésita pas à évoquer la nouvelle secrétaire d’Etat au droit de la femme, rappelant qu’elle s’en était pris à Valls lorsque celui-ci dénonça l’antisémitisme islamique et à la détestation d’Israël : J’assiste extrêmement navré à une sorte de régression démocratique et intellectuelle, confie t il.

Pourquoi nos policiers n’ont-ils pas agi ou réagi. Là, nous avançons encore prudemment : un policier, ça attend les ordres. Les ordres, ils sont pas venus. Pas un n’a désobéi ? Eh ben non, pas un. Et ça, bientôt, on nous l’expliquera, ce qui fut pour le moins un dysfonctionnement. Et nous essaierons de comprendre. De pardonner.

Pourquoi, ce silence médiatique ? A relier à la question qui précède : Sarah, t’as pas choisi le bon moment : période que l’on sait de campagne présidentielle, affaire Théo, mort de Liu Shaoyao, tué par un policier. Quoi ? Ca ne vous suffit pas ? Circulez, y a rien à voir.

Y avait rien à voir. Sauf que la probabilité que par un souci vertueux la presse se penche sur des faits qui datent maintenant d’un mois et demi, eh bien cette probabilité a magiquement augmenté ce matin. Tant les faits sont horribles. Tant le silence est odieux et nous salit tous. Tant il en va de l’honneur de la France : Non Alfred, un Juif ne peut être tué en plein paris en 2017. Alfred encore qui nous disiez hier : Ce qui est indispensable, c’est la justice, pas la presse… non? Et qui rajoutiez : Un crime, s’il est aggravé par des motivations racistes, doit-il faire obligatoirement du bruit dans la presse? Oui, sans doute… mais bien avant cela, j’attends une réponse de la Justice. Et qui enfonciez le clou, évoquant la marche blanche et ses débordements à la marge. Bref Vous qui conclûtes : A dire vrai, en pensant ce drame, je trouve effectivement disproportionnée la réaction d’indignation qui semble être attendue. En cherchant ce que raconte Google les homicides par défenestration, le racisme antijuif fait exception; de très très loin, les premières victimes sont de cette race si souvent considérée comme inférieure. Une victime tous les trois jours en France. Aucune manif, au mieux 3 lignes dans les faits divers de la presse locale. Ce silence-là m’indigne et me choque o combien plus! 

Vous l’aurez compris : Alfred et compères, ils veulent bien s’émouvoir des femmes défenestrées, mais pas de cette femme Juive défenestrée, et ils s’interrogent encore sur le rapport de notre affaire avec l’antisémitisme musulman. Alfred, sans doute un pote de Claude Askolovitch qui osa, lui, reprocher à la judéo sphère de paniquer sur les réseaux sociaux, de s’enfermer dans un  ghetto, de colporter une rumeur  qui ferait un jour le jeu de l’extrême droite. Et d’enfin oser l’insensé amalgame : what ? Un jeune musulman qui tue un Juif en criant Allah Ouakbar, vous dites qu’il est peut-être djihadiste ! Juifs ! Comme vous y allez ! Bande d’empêcheurs de Vivre ensemble.

En attendant, Sarah Halimi allonge la liste des Juifs tués par des immigrés ou enfants d’immigrés musulmans, de la bombe posée devant la synagogue Copernic tuant 4 Français innocents, de l’attentat perpétré rue des Rosiers chez Goldenberg, à Sébastien Selam, ce DJ juif tué par son ami qui se proclama guidé par Allah, à Ilan, aux victimes que Merah massacra , en passant par le viol de cette femme juive à Créteil supposée elle aussi de pouvoir payer, riche qu’elle était puisque Juive et en passant encore par les victimes de l’Hyper Cacher.

Chers Confrères, venus nombreux ce matin, l’une de vous, Joelle de Paris, a fort judicieusement rappelé cette phrase de responsables nationaux d’une autre époque, lorsqu’une délégation de Juifs polonais se rendit chez le directeur du département des nationalités du Ministère de l’Intérieur polonais pour lui demander de faire cesser les appels aux violences contre les Juifs, et que lui fut répondu : Tout le monde est aujourd’hui antisémite en Pologne. Nous ne pouvons assigner un policier à chaque Juif et nous n’avons pas l’intention de pendre nos jeunes parce qu’ils sont antisémites.

Chers Confrères, rejoignez la presse communautaire et relayez avec nous l’affaire Sarah Halimi : elle concerne la France.

Sarah Cattan et Sylvie Bensaïd

Elle était la Juive du quartier, la Juive de l’immeuble!

Aucun média français n’a couvert le meurtre de ma sœur Sarah Halimi, nous dit William Attal, frère de Sarah Halimi, interrogé au sujet de l’assassinat de sa sœur, jetée par la fenêtre de son appartement en plein Paris . Aucun autre média français n’a couvert cet événement […]

 

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