Le Secrétaire général a appelé à la suppression du rapport accusant Israël d’être un « régime d’apartheid »

Le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a demandé vendredi à la Commission économique et sociale pour l’Asie occidentale (CESAO) de retirer la publication d’un rapport accusant Israël d’être un « régime d’apartheid ».

Le représentant permanent d’Israël auprès des Nations Unies, Danny Danon, a aussitôt réagi à l’annonce déclarant que « la décision du Secrétaire général marque une étape importante dans l’arrêt des préjugés envers Israël à l’ONU ».

« Les activistes anti-Israël n’ont pas leur place à l’ONU. Il est temps de mettre fin à des pratiques qui permettent à des membres officiels de faire l’usage de leur poste afin de promouvoir un agenda anti-Israël », a-t-il ajouté.

Après sa publication, Danny Danon avait déjà condamné le rapport, qu’il a considéré comme « une tentative de calomnier et de mal cataloguer la seule vraie démocratie du Proche-Orient en créant une analogie mensongère ».

Démission de la Sous-Secrétaire générale de la CESAO

Par ailleurs, la présidente de la commission à l’origine du rapport, Rima Khalaf, a indiqué qu’elle démissionnait de son poste de Sous-Secrétaire générale et Secrétaire exécutive de la CESAO en réponse à la position du Secrétaire général.

« Quand une personne publie une rapport faux et diffamatoire au nom de l’ONU, cela est approprié que la personne démissionne », a réagi l’ambassadrice américaine auprès des Nations unies.

« Les bureaux de l’ONU doivent faire un travail plus ardu afin de d’éliminer les travaux faux et biaisés, et applaudir la décision de Secrétaire général », a ajouté Nikki Haley.

Les Etats-Unis avaient réclamé mercredi le retrait du rapport onusien accusant Israël d’imposer aux Palestiniens des conditions pouvant s’apparenter au régime d’apartheid tandis qu’Israël a également vigoureusement critiqué le document publié par la CESAO.

Antonio Guterres took over from Ban Ki-moon on January 1 with a promise to boost efforts to tackle global crises
Jewel Samad (AFP/File)

Le Secrétaire général des Nations unies avait alors pris ses distances face à ce rapport, mais l’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU l’avait exhorté à envoyer le texte au rebut.

« Les Etats-Unis sont outrés par ce rapport », avait indiqué Nikki Haley dans un communiqué. « Le secrétariat des Nations unies a eu raison de prendre ses distances à son propos, mais il devrait aller plus loin en retirant complètement le rapport », avait-elle demandé.

Une propagande anti-israélienne

Richard Falk, un ancien Rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits de l’homme dans les Territoires, est l’un des auteurs du texte controversé.

Dans le passé, Falk a déjà accusé Israël de « se diriger lentement vers un Holocauste palestinien », de procéder à un « nettoyage ethnique », ou encore demandé d’accorder plus de crédit aux théories du complot sur le 11 septembre 2011 (notamment l’implication du gouvernement américain).

Le Canada et les Etats-Unis lui ont également reproché des « propos antisémites » rapportés dans un article où il faisait le lien entre les attentats de Boston et la politique américaine à l’égard d’Israël.

Le rapport indique que les Palestiniens étaient soumis à une « fragmentation stratégique » permettant à Israël d’imposer une « domination raciale » avec des lois différentes en fonction des régions, « ce qui correspond à la commission d’un crime contre l’humanité ».

Le texte conclut que « les éléments disponibles établissent au-delà du doute raisonnable qu’Israël est coupable de politiques et de pratiques constitutives du crime d’apartheid ».

Nikki Haley, nouvelle ambassadrice américaine à l’ONU, le 18 janvier 2017 à Washington
SAUL LOEB (AFP/Archives)

« Qu’une propagande à ce point anti-israélienne émane d’une organisation dont la quasi-totalité des membres ne reconnaissent pas Israël n’est pas surprenant », a relevé Mme Haley, présentant M. Falk comme un « homme qui a de manière répétée fait des commentaires biaisés et très offensants concernant Israël et épousé de ridicules théories du complot ».

Elle a également accusé les Nations unies d’être partiales envers Israël et s’est engagée, en tant que représentante du président américain Donald Trump, à défendre Israël bec et ongles au sein de l’organisation.

La semaine prochaine, le Conseil de sécurité doit entendre le premier compte-rendu sur la mise en œuvre d’une résolution adoptée fin décembre demandant la fin des constructions israéliennes en Cisjordanie.

Basée à Beyrouth, la CESAO est composée de dix-huit pays arabes, dont l’Autorité palestinienne comme un membre à part entière. Elle œuvre à « renforcer la coopération et à promouvoir le développement », selon son site internet.

http://www.i24news.tv/fr/actu/international/140388-170317-antonio-guterres-appelle-au-retrait-du-rapport-accusant-israel-d-apartheid

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