L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) a inscrit vendredi en procédure d’urgence, contre l’avis d’experts indépendants, « un paysage culturel » du village de Battir, au sud de Jérusalem, au « patrimoine mondial en péril », en justifiant son choix par des considérations « géopolitiques ». Battir est l’antique cité de Betar.

BETAR

Par 11 voix pour, 3 contres et 7 abstentions, le Comité a décidé d’inscrire le bien sur la Liste du patrimoine en péril considérant que « le paysage a été fragilisé par l’impact des transformations socioculturelles et géopolitiques susceptibles de causer des dommages irréversibles à son authenticité et à son intégrité », faisant référence au début des travaux de construction « d’un mur de séparation qui pourrait isoler les fermiers des champs qu’ils ont cultivé pendant des siècles. », indique l’Unesco dans un communiqué publié sur son site internet.

« Aujourd’hui vous venez de prendre, au-delà de l’inscription de Battir, une décision courageuse contre l’enfermement, l’exclusion et la domination », a immédiatement réagi l’ambassadeur palestinien à l’Unesco, Elias Sambar, confirmant que l’instance internationale a agi sur des considérations politiques au mépris de l’avis défavorable du Conseil international des monuments et des sites (ICOMOS).

En 2013, suivant les recommandations des experts indépendants, l’Unesco avait rejeté les demandes palestiniennes d’inscrire le site au « patrimoine mondial en péril ».

Situé 5 km à l’ouest de Bethléem et au sud-ouest de Jérusalem, Battir fait partie à 75% de la zone C, sous contrôle total administratif et civil d’Israël, conformément aux Accords d’Oslo.

Ce village arabe, connu par les archéologues sous le nom de Khirbet al-Yahud, a été construit sur les ruines de l’antique cité de Betar, une ancienne cité-forteresse de Judée, le dernier lieu de résistance du peuple juif à l’Empire romain en 135, où se replia Shimon Bar Kokhba, l’instigateur et dirigeant de la dernière guerre judéo-romaine.

Battir possède un système d’irrigation unique qui utilise des terrasses artificielles et un système destiné à détourner manuellement de l’eau. Ce réseau datant de l’époque romaine est relié à 7 sources qui ont alimenté le village et les champs en eau pendant 2 000 ans.

Yaakov Tanenbaum – © Le Monde Juif .info

© Photo : DR 

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