1 – Le mois d’Adar est placé sous d’heureux auspices pour le peuple juif. Nos Sages ont déclaré: « Lorsque commence le mois d’Adar, il faut augmenter la Sim’ha (la joie) ».

happy purim, joyeux pourim

2 – La particularité de ce mois est qu’il est le mois de la naissance (le 7 Adar) du Libérateur du peuple juif: Moché Rabbénou. Cette heureuse conjoncture a en effet été à la source du miracle de Pourim (selon le commentaire de nos Sages à propos du funeste décret d’Haman qui devait tomber au mois d’Adar), et du miracle de Pessa’h (marquant la sortie d’Egypte, par l’intermédiaire de Moché Rabbénou).

 

3 – Lorsque l’année comporte deux mois d’Adar (année dite embolismique), certains pensent que la joie ne débute qu’à partir du deuxième mois (Adar II), pendant lequel est célébrée la fête de Pourim. Cependant, en accord avec ce qui a été exposé précédemment, d’autres pensent (telle est la coutume chez ‘Habad) qu’il y a lieu d’augmenter la joie dès le premier (Adar I). En effet, dans un tel cas, la célébration du 7 Adar est fixée (selon la majorité des opinions) au premier mois (7 Adar I).

 

4 – Cette augmentation de la Sim’ha peut s’exprimer dans tous les domaines de la vie courante, et ne doit pas forcément être rattachée à l’accomplissement d’une Mitsvah; l’essentiel étant d’être joyeux.

 

5 – Ce mois étant favorable au peuple juif, il est conseillé à celui qui doit comparaître devant le tribunal pour un litige qui l’oppose à un non-Juif, de le faire pendant le mois d’Adar.

 

6 – Pour cette même raison, on a coutume de célébrer les mariages pendant tout le mois d’Adar, et non pas (comme dans le cas de la plupart des autres mois hébraïques) seulement pendant la première partie du mois, lorsque la lune (symbole du peuple juif) est en phase ascendante. Cette permission peut être étendue aux deux mois d’Adar, le cas échéant.

 

7 – Le jour du 7 Adar qui commémore la naissance et le décès de Moché Rabbénou, est souligné dans les communautés de diverses façons (jour de jeûne ou de réjouissance – Hilloula). Chez les ‘Hassidim il est considéré comme un jour de jeûne pour les Tsadikim seulement. Chez ‘Habad, seuls les Rebbeïm (après l’accession à leur poste) ont coutume de ne pas dire Ta’hanoun (supplications pour les fautes, après la prière) ce jour-là. Chacun devra cependant, à cette occasion, intensifier l’étude de la Torah et l’accomplissement des Mitsvot dans la joie.

 

Bar-mitsva en Adar.

 

8 – Tous les deux ou trois ans, un treizième mois est rajouté au calendrier hébraïque. Dans ce cas, l’année comporte deux mois d’Adar: Adar I et Adar II. Cette situation peut soulever un certain nombre de questions concernant la célébration d’une Bar-Mitsvah ou l’observance d’un Yartseït (anniversaire de décès) pendant ce mois.

 

9 – Un enfant né en Adar I (d’une année embolismique), et dont l’année du treizième anniversaire (Bar-Mitsvah pour un garçon), ou l’année du douzième anniversaire (Bat-Mitsvah pour une fille) se trouve être aussi une année embolismique, fêtera sa majorité en Adar I de cette année là, à sa date anniversaire.

 

10 – Dans ce même cas, s’il est né en Adar II, il ne fêtera sa majorité qu’au mois d’Adar II, à sa date anniversaire.

 

11 – Cependant, s’il est né en Adar d’une année « simple », et que l’année de sa majorité est une année embolismique, il ne deviendra Bar-Mitsvah (ou Bat-Mitsvah) que le jour de sa date anniversaire en Adar II (qui est reconnu comme le « véritable » Adar et pendant lequel la fête de Pourim est célébrée).

 

12 – A l’inverse, si l’année de sa naissance était embolismique (quel que soit le mois d’Adar de sa naissance), et que l’année de sa majorité est une année « simple », il va de soi qu’il deviendra Bar-Mitsvah à sa date anniversaire de l’unique Adar de cette année.

 

13 – Dans ce dernier cas, une situation curieuse peut se produire. En effet, lorsque deux enfants sont nés la même année, l’un en fin du mois d’Adar I, et l’autre au début de Adar II, le plus « jeune » d’entre eux (celui né en Adar II) fêtera sa Bar-Mitsvah avant celui qui est né avant lui (en Adar I). Tous deux atteignent leur majorité à l’unique mois d’Adar de cette année, l’un au début, l’autre à la fin du mois.

 

14 – Les mois hébraïques comportent alternativement 30 ou 29 jours. Dans le premier cas, le trentième jour du mois écoulé est fêté comme premier jour de Roch-’Hodech du mois suivant. Le premier jour du mois suivant est fêté en tant que deuxième jour de Roch-’Hodech (bien qu’il soit en fait le premier jour du mois).

 

15 – Le mois de Chevat (qui précède Adar) compte toujours 30 jours. Le mois d’Adar d’une année « simple » a toujours 29 jours. Dans le cas d’une année embolismique, Adar I comporte 30 jours, Adar II comporte 29 jours.

 

16 – Celui qui est né le 30 Chevat d’une année « simple » (bien que ce jour soit considéré comme le premier jour de Roch-’Hodech du mois d’Adar qui suit) fêtera sa majorité, dans le cas d’une année embolismique, le 30 Chevat de sa treizième année (soit le premier jour de Roch-’Hodech Adar I). La règle annoncée au § 11 (selon laquelle celui qui est né en Adar « simple » fête sa majorité en Adar II) ne s’applique pas dans son cas, puisque sa date de naissance est véritablement en Chevat (le 30 Chevat, considéré comme Roch-’Hodech Adar).

 

17 – Celui qui est né le 30 Adar I, et dont l’année de son treizième anniversaire est une année « simple » dans laquelle Adar n’a que 29 jours, célébrera sa majorité le 1er Nissan (le mois suivant), soit, selon sa date anniversaire, 30 jours après le commencement d’Adar.

 

Yartseït en Adar.

 

18 – Le jour anniversaire du décès d’un parent est appelé communément Yartseït. Il doit être observé à l’anniversaire du décès, et non pas à celui de l’inhumation. Cette commémoration se fait généralement en observant un jour de jeûne (lorsque cela est permis), et en récitant le Kadich ce jour-là. Chez les Achkénazim (et ‘Habad) on a aussi coutume de diriger les offices à la synagogue ce jour-là.

 

19 – Lorsque le décès a eu lieu en Adar I, le Yartseït sera observé en Adar I. De même si le décès a eu lieu en Adar II, il sera observé en Adar II, à la date anniversaire.

 

20 – Toutefois, lorsque le décès est survenu en Adar d’une année « simple », la date du Yartseït, lors d’une année embolismique, fait l’objet d’une controverse.

 

21 – Chez les Séfarades, le Yartseït est observé en Adar II à la date anniversaire (tout comme dans le cas d’une Bar-Mitsvah).

 

22 – Chez les Achkénases (et ‘Habad), le Yartseït est observé en Adar I. Selon eux, il convient dans ce cas de devancer la commémoration dès le premiers mois, alors que, pour un Bar-Mitsvah, il est nécessaire d’attendre Adar II pour que l’année soit complétée et qu’il ait atteint sa majorité.

 

23 – Chez ces derniers cependant, certains ont coutume d’observer les deux dates (en Adar I et Adar II) pour réciter le Kadich (et jeûner). Ils ne pourront cependant pas prendre la place d’officiant à d’autres endeuillés (qui ont l’obligation d’officier pendant toute l’année de deuil) à l’occasion de l’anniversaire en Adar II.

 

Dafina.net

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