Pour les Juifs, elle est Edith Stein, une victime de plus de l’Holocauste. Les catholiques la connaissant quant à eux sous le nom de Sainte Bénédicte de la Croix, martyre chrétienne. Soixante-dix ans après sa mort, elle a été ramenée à la vie dans une pièce de théâtre à Buenos Aires.

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« The Seventh Dwelling » est un monologue. Seule dans un ancien couvent de Carmélites, soeur Bénédicte, attend les nazis. Elle sait qu’ils vont venir pour elle. Et elle n’a qu’une seule nuit pour se rappeler toutes les étapes de sa vie. Née dans une famille juive orthodoxe, elle est devenue athée et philosophe, avant de se convertir au catholicisme.

 

L’actrice argentine Lili Grinberg, affirme être tombée amoureuse du personnage d’Edith quand elle était à Paris, il y a une trentaine d’années. Un ami lui a demandé d’acheter tous les livres qu’elle pouvait trouver sur cette érudite juive, devenue par la suite religieuse catholique. Lili les a non seulement achetés, mais elle les a tous lu.

 

Lili Grinberg, actrice :

 

« La première fois que j’ai lu un ouvrage d’Edith Stein, j’ai été très impressionnée. Ce n’était pas une surprise pour moi, je ne saurais pas vraiment dire pourquoi. »

 

Lili déclare qu’elle se reconnait dans le personnage d’Edith, de plus d’une façon. Outre leurs origines juives et leur passion pour la philosophie, les deux femmes sont persévérantes. Maintenant Lili joue le rôle d’Edith sur scène.

 

Lili Grinberg, actrice :

 

« C’est difficile maintenant pour moi, de détacher sa vie de la mienne, car j’ai été proche d’elle pendant des mois. »

 

La directrice de la pièce, dit avoir été surprise par la réaction du public. « The Seventh Dwelling » a été jouée dans des lieux non conventionnels, des églises par exemple, dans des musées ou des bibliothèques. Maintenant, elle est jouée dans les théâtres.

 

Ana Vargas, spectatrice :

 

« J’ai été très impressionnée par la détermination de cette femme à chercher la vérité, par son honnêteté envers elle-même et ses sentiments. »

 

Stella se dit athée. Pour elle, l’histoire d’Edith traite moins de la religion que de la lutte d’une femme, qui tente de rester elle-même.

 

Stella Galazzi, Directrice de la pièce :

 

« Elle a fait face aux ultimes conséquences, sans laisser aucune trace. Quand elle est sur le point d’être tuée, elle dit: « je vais mourir pour mon peuple ». C’est ce qui m’a fascinée. La force de cette femme, c’est d’imposer son point de vue dans une société difficile et très complexe. »

 

Même si elle était nonne, Edith a été exécutée comme n’importe quel Juif à Auschwitz. Elle a été canonisée par le Vatican en 1999.

 

Pour beaucoup d’Argentins, l’important n’est pas de savoir si Edith ou Sainte Bénédicte était juive ou catholique. Pour eux, c’est avant tout une femme qui a lutté pour ses convictions.

 

Monica Yanakiew, JN1, Buenos Aires

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