« Ne réprimande pas le railleur car il te haïrait, fais des remontrances au sage, et il t’en aimera davantage. »

(Michlé 9;8) Le Chla Hakadosh commente ce verset de la façon suivante : Si lorsque tu fais une remontrance à quelqu’un, tu le fais passer pour un sot et un railleur, non seulement il n’acceptera pas ta réprimande mais en plus il finira par te haïr !   C’est pour cela qu’avant de faire une remontrance à quelqu’un il faut d’abord l’élever et lui montrer qu’on le considère comme un sage, quelqu’un de bien, et seulement après on lui fera la remontrance. Si tu fais ainsi, non seulement il acceptera tes remontrances mais en outre il t’aimera encore plus ! C’est ce que nous comprenons du verset : « Ne réprimande pas » en le faisant passer pour « railleur, car il te haïrait » mais « fais des remontrances », après l’avoir élevé au rang de « sage, et il t’en aimera d’avantage. »

  • § Souvent le mauvais comportement d’une personne n’est dû qu’à une certaine ignorance, à de la démotivation, ou à la fainéantise. Ainsi il est parfois inutile de faire une remarque directe, il suffit de motiver la personne, de lui donner le goût de la chose, d’étudier avec elle, et de lui expliquer de façon générale les lois concernant le sujet de sa faille.

Encore une anecdote ! Rabbi Yaacov Galinsky (Chlita), raconta lors d’une de ses conférences : « Un jour je me rendis chez Rabbi Chlomo Kahanman (zatsal), Rosh Yeshiva de Poniovitch. Il se tourna vers moi et me dit : « Reb’ Yaacov, j’ai une question à te poser : Un homme endormi est en train de rêver qu’il entre dans la forêt et se fait attaquer par des lions, des ours, des panthères et toutes sortes d’animaux sauvages. Il est pris de panique ! Que peut-on faire pour le sauver ? » Je le regardai d’un air perplexe, voulant dire que je ne parvenais pas à pénétrer le fond de sa pensée, c’est alors qu’il s’exclama : « Je vais te dire ce qu’il faut faire, il suffit de le réveiller ! Ainsi son rêve se dissipera ! » Je ne comprenais pas où le Rav voulait en venir, toutefois je ne restai pas longtemps dans l’obscurité puisqu’il s’empressa de s’expliquer : « De la même façon Rabbi Yaacov, lors de tes Drachot (sermons publics), inutile de dire au public des paroles de morale, contente-toi de les réveiller. Après qu’ils se soient réveillés, ils comprendront bien tout seuls où ils doivent réparer et travailler afin de s’améliorer ! En effet chacun connaît bien ses défauts, ce qu’il faut c’est juste lui en faire prendre conscience en lui ouvrant le cœur ! » Rabbi Yaacov de conclure :   « Mes très chers frères ! Je ne pense pas que j’aie le moindre mérite qui m’autorise à dire à qui que ce soit des paroles de morale. Je ne ferai donc que comme Rabbi ‘Haïm de Brisk qui disait : « Lorsque je parle devant un public, je n’ai l’intention en réalité de ne parler qu’à moi-même ! Le public est présent donc il entend. Vous me direz : « Tu n’as qu’à t’isoler et parler tout seul ! » Je vous répondrai que si je faisais ainsi, on dira de moi que je ne suis pas normal ! C’est pour cela que je parle devant les autres. » » Rabbi Yaacov commença alors son sermon[1] En conclusion nous pouvons dire qu’aujourd’hui, s’il faut faire une remontrance à son prochain, il ne suffit pas d’avoir raison, il faut aussi être sage et intelligent comme ‘Hazal nous l’enseignent : de la même façon qu’il y a une Mitsva à dire quelque chose qui pourra être accepté, il y a un interdit à dire quelque chose qui ne le sera pas. Armés d’intelligence et de bienveillance, nous pourrons faire passer tous les messages.


[1] Si vous désirez lire l’histoire que Rabbi Yaacov Galinsky (Chlita) rapporta à ce moment-là, nous vous donnons rendez-vous dans Parachat Kedochim (Deuxième montée).

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