Plus de 100 000 personnes se sont rassemblées dimanche dans de nombreuses villes d’Italie pour manifester contre le président du Conseil, Silvio Berlusconi, et son machisme, estimant que ses frasques sexuelles humiliaient toutes les femmes.

Le Parquet de Milan veut voir comparaître Berlusconi, 74 ans, pour l’affaire dite du « Rubygate », dans laquelle il est soupçonné d’avoir eu des relations sexuelles tarifées avec une prostituée mineure, âgée de 17 ans à l’époque des faits, et d’abus de pouvoir. La jeune femme, danseuse de night-club d’origine marocaine, dément toute relation sexuelle, mais explique en revanche qu’il l’a aidée et lui a fait des cadeaux, argent et bijoux.

Les juges doivent décider d’ici deux semaines s’ils inculpent le président du Conseil dans cette affaire. Également magnat de la presse, Il Cavaliere a déjà été impliqué par la justice dans des affaires de corruption et de fraude fiscale.

Berlusconi reconnaît volontiers son goût pour les jeunes et jolies femmes, qui ont fini par pousser son épouse à demander le divorce, et n’est jamais avare de déclarations machistes. Mais avec le « Rubygate », il s’affirme aujourd’hui victime d’un complot des bien-pensants et de la gauche qui cherche à le chasser du pouvoir.

Depuis la petite île de La Maddalena, au large de la Sardaigne, jusqu’à Naples, Palerme, Milan et Venise, ou encore à L’Aquila, ville détruite par un séisme en 2009 et qui attend toujours les fonds promis pour un centre pour femmes battues, les Italiennes ont réclamé la démission de Berlusconi.

À Rome, lieu de la manifestation principale, la Piazza del Popolo, qui peut contenir 100 000 personnes, était noire de monde dimanche. Un rassemblement festif, avec slogans imagés et chansons de circonstance, comme la pièce d’Aretha Franklin, Respect.

La place était également décorée avec des caricatures de certaines des femmes de l’entourage de Berlusconi, riche en starlettes et autres « Miss », entrées en politique grâce à leurs attraits physiques et au Cavaliere qui les a faites ministres ou députées. Un penchant également dénoncé par l’épouse bafouée de Berlusconi, Veronica Lario, ex-actrice elle-même.

Si Berlusconi s’est abstenu de commenter les manifestations de dimanche, sa ministre de l’Éducation, Mariastella Gelmini, a pour sa part mis en cause « les habituelles héroïnes de la gauche-caviar, sorties de leurs boudoirs pour exploiter les questions féministes afin d’attaquer un gouvernement qui continue d’avoir le soutien de la majorité des Italiens ».

Photo: AFP/Andreas Solaro

The Associated Press

Comments

comments

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here