L’ « image » de D.ieu inscrite en l’Homme dont nous parle le premier chapitre de la Bible n’est autre que la conscience morale – cette conscience morale à propos de laquelle le philosophe Kant disait : « Je suis rempli d’admiration, d’étonnement devant les espaces étoilés infinis, et face à la profondeur de la conscience humaine ». L’Homme n’est-il pas la seule créature capable de juger moralement ses actes?

Maïmonide, au début de son Guide des Egarés, considère ainsi que l »‘image » de D.ieu en l’homme, c’est l’intelligence humaine, vecteur des plus hauts sommets de la réflexion humaine.

Les Sages du Talmud ont adressé un compliment particulier à la femme : « D.ieu a donné plus de discernement [en hébreu ‘binah’] à la femme qu’à l’homme » (Traité Nidda, p. 45/b). La capacité de saisir les conséquences pratiques d’une prise de position théorique est en effet supérieure chez la femme. Celui qui est doué de binah peut, selon nos Sages, « comprendre une chose à partir d’une autre », en tirer les conclusions et en assumer les conséquences.

La femme a donc plus de binah que l’homme. De son côté, l’homme possède un degré supérieur de « daat » -la connaissance théorique. Daat et binah sont donc des modalités différentes de l’intelligence. Ce discernement particulier que la femme possède constitue un degré de perfectionnement supérieur de l’être humain. il en ressort que la femme est sans aucun doute plus aboutie intellectuellement sur ce plan.

Nos Sages confirment cet enseignement par le contenu du verset 22 du chapitre de la Genèse – « L’Eternel-D.ieu construisit en une femme le côté qu’Il avait pris à l’homme » – en soulignant le rapprochement entre les termes « vayiven » (construisit) et binah (discernement). Ce discernement que la femme possède en propre est effectivement une structure supplémentaire de sa personnalité par rapport à celle de l’homme.

Le Rav Tsvi Yéhouda Kook soulève à ce sujet une remarque intéressante qui concerne la « matière de base » à partir de laquelle l’homme et la femme ont été construits : la matière première qui a aidé à constituer l’homme est en effet la « poussière détachée du sol’, une matière inerte que la parole divine a ensuite animée : « Il fit pénétrer dans ses narines un souffle de vie, et l’homme devint un être humain » (Genèse, n, 7). Par contre, la femme a été créée non pas à partir de la poussière, mais à partir de l’homme, lui-même déjà créé à l’image de D.ieu. La matière première à partir de laquelle fut créée la femme était donc d’essence divine: « Celle-ci sera nommée ‘icha’ [femme], parce qu’elle a été prise de ‘ich’ – [d’un homme] » (Genèse, n, 23).

Le récit de la Création affirme d’autre part que le côté spirituel de la femme est issu d’une origine plus divine que celui de l’homme. A propos de l’homme, il a été écrit: « Faisons l’homme », (Genèse, l, 26). Comme le sujet inc1u dans le verbe de ce verset est employé au pluriel, le célèbre Egalité mais non identité, car s’ils étaient totalement identiques, point n’aurait été besoin de créer deux êtres séparés. La question de savoir qui, en fin de compte, serait « supérieur », est donc superflue, puisque ce sont l’homme et la femme ensemble qui constituent un être complet, comme l’ont exprimé nos Sages: « Celui qui n’est pas marié n’est pas un être complet »(Traité Yebamot 63).

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